Dans notre diocèse, depuis une quinzaine d’années, on met en place des « Unités pastorales nouvelles », c’est-à-dire un projet pastoral pour un ensemble de paroisses.
Par Benoît Lobet, Doyen d’Enghien

Cette année  «  Renaissance  » aide les communautés locales à prendre conscience de leur vocation ecclésiale pour le présent et l’avenir, et ainsi à être davantage signes de la visibilité de l’Eglise pour notre société.

Ce processus n’est pas d’abord un palliatif au manque de curés de paroisses. Il engage notre Eglise diocésaine à repenser en profondeur sa présence au monde, sur le mode de la sacramentalité et de la communauté, pour y rendre effectives ses qualités d’enseignement, de célébration et de service.

La sacramentalité de l’Eglise consiste en la manière dont elle est aujourd’hui le signe réel de la présence du Christ ressuscité. Cette présence réelle s’opère sur le mode de la modestie, comme du reste tous les sacrements qui la font vivre et exister : un peu de pain, un peu de vin, par exemple, suffisent à former, dans l’eucharistie, le corps sacramentel et la présence réelle du Seigneur de Pâques. Semblablement, le nombre des fidèles chrétiens n’est-il pas ce qui compte le plus dans leur présence au monde, mais bien plutôt la qualité du signe qu’ils y donnent. C’est pourquoi, tout en visant l’efficacité, les Unités Pastorales Nouvelles sont d’abord attentives à l’authenticité de leur être chrétien, de leur union spirituelle au Christ, à travers l’accueil de la Parole et des sacrements.

Cette authenticité se met en œuvre dans la volonté d’une véritable communauté. De paroisses jusque là plus ou moins indépendantes, il convient de réaliser une vraie communion, tout en respectant (par exemple, par l’élection de Conseils Locaux de Pastorale consultatifs) la spécificité de chaque communauté locale. C’est probablement le principal défi des Equipes d’Animation Pastorale qui sont progressivement mises en place ou renouvelées dans notre diocèse, en intégrant, selon les souhaits du Concile Vatican II, des laïcs à la mission pastorale de l’Eglise : ouvrir les unes aux autres les paroisses qui constituent l’Unité Pastorale Nouvelle, les aider à une vraie considération les unes des autres, à une entraide et une collaboration renforcées, à une mise en commun des moyens humains, pastoraux et… financiers !

C’est ainsi que l’Eglise en notre diocèse a choisi d’être fidèle aux missions qui sont partout les siennes :

  • annoncer l’Evangile, à temps et à contretemps, en accueillant et en formant tous ceux qui, pour divers motifs (étapes catéchétiques, associations, mouvements de jeunesse, maladies, deuils, etc.) viennent la solliciter. 
  • célébrer la foi  en son kérygme par des rencontres liturgiques soignées et dignes, capables de révéler – au sens fort de ce terme – la richesse du mystère chrétien.
  • et aussi servir le monde dans une attention sans cesse portée aux plus faibles de notre société, aux laissés pour compte, aux marginaux, aux sans-grade, aux démunis en lesquels elle reconnaît son Seigneur, le Roi du Jugement final de toute existence humaine.


Antoni Severino, 27 ans, membre de l’EAP de La Louvière-Nord

Propos  recueillis par Geneviève Frère

Pourquoi faites-vous partie d’une Equipe d’Animation Pastorale ?

J’ai été appelé par une lettre à domicile du vicaire épiscopal en charge des Unités pastorales. Je n’avais que 26 ans et même si j’étais très actif dans ma paroisse et notre Unité, je pensais que je serais appelé au prochain mandat, quand j’aurais été un peu plus vieux. Mais lorsque j’ai été appelé, je me suis dit que je ne pouvais pas refuser de travailler à la vigne du Seigneur.

Que cela représente-t-il pour vous d’être membre d’une EAP ?

Mon rôle n’est plus seulement d’animer une paroisse principalement centrée sur l’eucharistie, mais de donner un souffle de vie à toute l’Unité en la poussant à se préoccuper des trois piliers de notre foi : l’annonce de la foi, les sacrements et la solidarité avec nos frères. Même si l’eucharistie est au cœur de notre foi, ce n’est pas un tout, et si un pilier est chancelant, la structure entière risque de s’écrouler.

Une EAP pour vous, cela veut dire quoi ?

C’est d’abord une équipe : il n’y a donc pas de décision unilatérale mais des choix discutés et c’est très important. Ensuite c’est une équipe qui anime : elle ne fait pas tout mais veille à ce que cela se fasse. Et finalement c’est un travail pastoral : notre horizon reste l’annonce de la Bonne Nouvelle.

Où pensez-vous que se situe l’Eglise dans votre Unité pastorale ?

C’est la question du synode ! Je ne vais pas y répondre seul. En tout cas, ce n’est pas uniquement dans l’église bâtiment. Certes, ce qu’on y vit est important. Mais si on ne le met pas en pratique quand on accueille les familles de la catéchèse ou les plus démunis, ou si on détourne le regard d’un mendiant dans la rue, ça n’a pas de sens… L’Eglise se situe donc, à mon avis, partout où nos gestes sont portés par la Bonne Nouvelle.