Les bergers vinrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une crèche (Luc 2, 16).

Le temps liturgique de l’Avent nous invite à préparer la venue du Seigneur en gloire à la fin des temps. Il s’agit d’un temps de joyeuse espérance qui retrace les étapes de la promesse accomplie dans la personne du Christ. A partir du 17 décembre, la liturgie nous fait entendre les récits qui concernent la venue de Jésus en ce monde.

Le temps de Noël évoque la naissance de Jésus, son enfance et les diverses réactions de ceux qui en prennent connaissance.

Les jours qui précèdent l’Epiphanie comme les jours qui suivent, nos cœurs sont introduits aux manifestations de Jésus depuis l’adoration des mages jusqu’au baptême par Jean le Baptiste et les noces de Cana.

La tradition dans nos régions est fort attachée à la naissance de Jésus et à la famille qui l’accueille. La liturgie a, durant le temps de Noël, un jour consacré à la Sainte-Famille.

Dans la préparation au synode diocésain, nous avons une proposition sur l’initiation chrétienne en famille. Pourquoi ? Parce que nous sommes à un tournant en ce domaine.

Depuis des décennies, la pastorale familiale a mis en place un service pour les fiancés (les centres de préparation au mariage). Des associations ont suscité des groupes de foyers chrétiens. Certaines associations ont aussi accueilli des foyers non chrétiens. La pastorale familiale a également pris des initiatives à l’égard de couples brisés, de familles recomposées. Certaines associations ont tenté d’accompagner des couples qui éprouvent des difficultés à saisir le bien-fondé de l’enseignement de l’Eglise catholique sur la parenté responsable. D’autres instances accompagnent le discernement de couples qui désirent donner la vie, même lorsque des questions se posent au plan médical. L’évolution des mentalités, soutenue par les débats parlementaires et des groupes de pression, pose les questions du fondement du mariage, du genre des partenaires, du don de la vie, quel que soit le genre des parents.

La proposition du synode n’a pas la prétention de donner des clés de discernement en toutes ces matières. Elle voudrait suggérer une réflexion sur la mission des parents chrétiens à l’égard de leurs enfants et une réflexion sur le service que pourrait rendre un diocèse à tous les couples qui désirent devenir chrétiens.

Initier les enfants à la foi

Les parents chrétiens ont la mission d’éduquer leurs enfants à la foi, de les accompagner sur le chemin de l’initiation chrétienne sacramentelle. Or, depuis au moins les années 1960, le baptême des nouveau-nés pose parfois question. Ne vaudrait-il pas mieux laisser la liberté à l’enfant ? Il décidera plus tard. C’est ainsi que peu de nouveau-nés sont présentés au baptême. Depuis près de quinze ans, on constate que, pour faire sa première communion comme les autres membres de sa classe, l’enfant de 7 ans non baptisé demande le baptême. Certes, c’est l’enfant qui a décidé. Etait-ce vraiment à cet âge-là que pensaient les parents juste après la naissance pour choisir librement le baptême ? Pour beaucoup d’enfants, la première communion est l’ultime étape de l’initiation chrétienne. La profession de foi suppose une catéchèse de longue haleine. La confirmation intervient à un âge où la plupart des jeunes ne s’intéressent plus à la foi. Ceux qui croient et qui veulent franchir une étape sont de plus en plus rares, si bien que, dans le diocèse de Tournai, la confirmation semble réservée à un tout petit nombre parmi les chrétiens.

Les parents chrétiens qui désirent éduquer leurs enfants à la foi, les accompagner sur le chemin de l’initiation chrétienne comptent beaucoup sur les catéchistes liés pratiquement tout le temps à une paroisse ou à une unité pastorale. Pour ce qui est du contenu de la foi chrétienne, les parents font confiance aux professeurs de religion catholique. Or, aussi bien pour la catéchèse paroissiale que pour le cours de religion, nous sommes en présence de grandes évolutions. Les parents chrétiens aimeraient parfois d’autres lieux pour initier leurs enfants à la prière, au partage de l’expérience religieuse, à la participation à une liturgie vivante. Je pense qu’il s’agit d’une attente légitime que le synode aura à examiner.

En couple, devenir chrétien

Les couples qui prennent l’engagement de vivre ensemble formulent souvent des projets. Certains d’entre eux désirent continuer à devenir chrétiens, mais ils ne savent pas nécessairement où s’adresser. Ils cherchent parfois longtemps avant d’avoir trouvé une assemblée liturgique qui nourrisse leur foi, un groupe de partage d’Evangile avec des personnes de leur âge, qui ont les mêmes préoccupations, un groupe dans lequel ils peuvent raconter leur itinéraire de foi comme couples, ou parents. Je pense qu’il s’agit, ici aussi, d’une attente légitime que le synode aura à examiner.

La famille, cellule d’Eglise

Dans la tradition ecclésiale, on entend parfois dire que la famille est une petite cellule d’Eglise. C’est vrai que, en famille, c’est l’amour qui soude les personnes les unes aux autres. Le Fils de Dieu nous révèle l’amour de Dieu jusque dans sa chair. Donner la vie, la recevoir, la partager, tout cela peut aussi être fondé sur le don que le Père nous fait en nous donnant son Fils. Une fois que ceci est perçu, on vit autrement et on prend parfois des décisions nouvelles pour exprimer sa foi en famille.

 

Que la préparation au synode diocésain soit un temps de prière pour tous ceux qui écoutent ce que l’Esprit de Dieu dit au diocèse de Tournai. Que la contemplation du Fils de Dieu, lumière née de la lumière, qui a pris chair de notre chair, ouvre notre cœur à tous les signes de sa présence, de son action au milieu de nous.

Que l’année nouvelle fortifie notre espérance en un monde nouveau !

+ Guy Harpigny,
Evêque de Tournai