Proposée par Pascal Mutombo et Philippe Fortemps

Venu pour que tous aient la Vie, la Vie en abondance (Jn 10, 10), le Christ confie à Son Église une triple mission : relever tout homme dans sa pleine dignité, annoncer l’Amour de Dieu pour chacun d’entre nous, et être ferment de l’unité du genre humain et de l’union intime avec Dieu. Ces 3 axes de la mission sont d’égale importance, mais ils sont par nature très différents. Ainsi, le cœur de la vie de l’Église est-il d’offrir à chaque homme et chaque femme l’occasion d’un face-à-face authentique avec Dieu.

Lors de Vatican II, les Pères conciliaires ont voulu porter cette préoccupation, en mettant l'accent simultanément sur deux dimensions essentielles de toute célébration chrétienne : d'abord, le Christ comme unique grand-prêtre et unique offrande, et ensuite, la participation active de tous les fidèles. Ces deux dimensions paradoxales en déterminent finalement la dynamique spécifiquement chrétienne : s’unir personnellement au Christ présent dans l’Église. L'Eucharistie, qui constitue le résumé saisissant de la totalité du mystère du salut rendu présent et actuel sous nos yeux, nous conforme toujours davantage au Christ qui se donne et nous tourne vers l’avenir de son retour. Aussi la liturgie, avec son charme propre, constitue-t-elle le cœur de l’identité et de la mission de l'Église, le creuset de toute évangélisation.

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Dans sa mission d'évangéliser le monde de ce temps (Mt 28,19), l’Église participe à la dignité du Christ, prêtre, prophète et roi, venu pour que tous aient la Vie, la Vie en abondance (Jn 10,10).

À l’image de la royauté du Christ, l’Église se met humblement au service (diakonia) de l’Homme, de tout homme et de tout l’homme, en particulier du plus pauvre. Elle honore ainsi en tout homme – fût-il le plus fragile – sa dignité inaltérable d’œuvre de Dieu. Mettant ses pas dans ceux du Christ, Prophète par excellence, l’Église témoigne (marturia) avec foi de la Bonne-Nouvelle. Dans le respect des convictions de chacun et malgré ses propres faiblesses, elle porte le message qui lui a été confié : annoncer l’Amour indéfectible de Dieu. Et enfin, unie au Christ, l’Église assume un service de communion (koinonia), par l’unité du genre humain et l’union intime à Dieu (Lumen Gentium 1). Consacrant le monde à Dieu, elle propose à chacun d’entrer dans l’amour du Christ, si bien que tous deviennent avec Lui une offrande agréable au Père, sanctifiée par l’Esprit Saint (Rm 15, 16).

Depuis Vatican II, et en particulier depuis « Chemins d’Église » dans les années 1990, l’annonce de la Parole de Dieu et le service de tout être humain, au nom du Christ, ont été bien mis en valeur dans notre diocèse. On peut citer, au niveau diocésain, les nombreux secteurs pastoraux qui ont vu le jour depuis ces dernières années, mais aussi, au niveau des unités pastorales, l’efflorescence d’un dévouement prodigieux envers les plus pauvres ou fragilisés, au travers de services d’entraide, de visites de malades,… ainsi que la disponibilité de nombreux catéchistes et l’expérience toujours nouvelle des groupes bibliques.

En revanche, la dimension de communion n’est peut-être pas encore suffisamment mise en lumière. En effet, s’il est important pour un catholique de se mettre à l’écoute de la Parole et au service de plus pauvre, devenir disciple du Christ passe aussi par la plongée dans la mort avec le Christ pour ressusciter avec Lui, au cours de la célébration des sacrements. Ainsi la mission de l’Église consiste-t-elle également à proposer à tout homme et toute femme de ce temps une véritable rencontre avec Dieu ; c’est le sens même de la liturgie. Voilà pourquoi, face aux grandes questions de la société, il semble aujourd’hui toujours plus urgent de nous interroger sur la manière dont nous rencontrons, dans un face à face liturgique, la source de la grâce en Jésus-Christ, venu pour nous donner la Vie, et la Vie en abondance.

Dans ces quelques pages, nous cherchons donc à éclairer pourquoi la liturgie occupe une place si particulière dans la vie de l’Église (ne dit-on pas qu’elle est « au cœur de la mission et de l’identité de l’Église » ?). Pour ce faire, nous proposons d’identifier le Christ comme l’acteur principal de la liturgie et de redécouvrir combien nous sommes invités à participer à Son action. Nous verrons qu’à chaque fois, c’est bien l’Église universelle qui est concernée. L’Eucharistie apparaît alors comme la liturgie par excellence, où nous sommes pleinement entés au Christ, afin que Sa joie soit en nous et que notre joie soit complète (Jn 15, 11). Et après avoir précisé ce qu’on peut entendre par « le cœur de la mission de l’Église », nous présenterons très brièvement quelques points d’attention propres à notre diocèse.

1. La liturgie chrétienne est, avant tout, liturgie du Christ

Le Christ est à la fois le seul grand-prêtre (He 4, 14) et la seule offrande authentique (He 10, 10). Voilà la spécificité première de la liturgie chrétienne : ce n'est pas nous qui agissons, mais Dieu lui-même (actio Dei). Oui, c'est le Christ lui-même qui célèbre, debout devant le Père, et qui associe à sa louange ses disciples rassemblés autour de Lui (Mt 18, 20). Louange qu'Il adresse à son Père dans l'unité de l'Esprit, la liturgie est aussi actualisation, constante et toujours renouvelée, de sa Passion, de sa mort et de sa résurrection, pour que les hommes soient pleinement unis à Dieu. On comprend alors que nos frères orthodoxes parlent de divine liturgie, et que la liturgie des heures porte aussi le nom d'office divin.

Par son Incarnation et son Mystère pascal, le Christ nous donne, par le baptême, d'avoir part à sa liturgie : avoir part à son action, une participation active selon les mots mêmes du Concile. La seconde surprise est donc que nous ne sommes pas limités au rôle passif de spectateurs ou de consommateurs : au cœur même de notre pauvreté, nous sommes tous appelés à nous unir en esprit et en vérité à la liturgie du Christ (Jn 4, 23-24). Et nous avons l’humble certitude qu’ainsi notre culte sera agréable à Dieu. Aussi s’agit-il moins de faire que d'être : dans la liturgie, le Saint-Esprit nous transforme au plus profond de nous-mêmes, en conformant toujours davantage nos existences à celle du Christ et permettant que notre offrande intérieure rejoigne réellement celle du Christ. Par cette conformation de nous-mêmes au Christ, l'Esprit nous conduit de l'image (Gn 1, 27) à la parfaite ressemblance avec Dieu (Jn 14, 9). C’est cette participation intérieure de tous qu’exprime le ministère de quelques-uns dans l'assemblée.

Par et dans la liturgie, l'Église achève le mystère de sanctification du monde que le Christ a réalisé par sa vie, sa mort et sa résurrection (cf. Col 1, 24). L’action liturgique et la célébration des sacrements sont des temps particulièrement forts de sa présence au milieu des siens. Chaque sacrement est à la manière d’un « mémorial » – une représentation et une actualisation – de ce qui s’exprimait dans les gestes messianiques de guérison, de pardon des péchés et de distribution des pains, et de ce qui s’est accompli définitivement dans la mort et la résurrection de Jésus. Chaque sacrement est un acte du Christ pour son Église ; la médiation de son humanité est toujours à l’œuvre à travers eux. Grâce à leur institution, la chair du Christ demeure la charnière du salut.

2. La liturgie nous insère dans l’Église, Corps du Christ

Même et unique actio Dei partout et toujours, la liturgie n'est jamais le fait d'un petit groupe, mais de toute l'Église, dont l'étymologie évoque précisément l'assemblée convoquée par le Christ de tous ceux qui Le regardent avec foi. Les célébrations ne sont donc pas des actions privées, mais la participation de l'Église au sacerdoce unique du Christ ; et l’Église n’est pas un groupe de « gens biens » qui se seraient cooptés, mais une communauté de frères qui se reçoivent, les uns les autres, du Christ : la communauté sacerdotale de tous ceux qui, par le baptême, ont reçu le droit et la mission de célébrer la liturgie (Lumen Gentium 11). Aussi nos liturgies ne se limitent-elles pas à l’apparence parfois confortable des murs d’un bâtiment. L’assemblée présente « ici et maintenant » est toujours en relation intrinsèque avec l'Église universelle : ouverte au travers du temps jusqu'aux Apôtres et à tous les saints qui nous ont précédés ; ouverte au travers de l’espace, ignorant les limites sociales et géographiques. Conduisant notre assemblée au-delà d'elle-même dans la communion des saints, la liturgie est prélude à la vie éternelle, dans la liberté du don et de l'offrande.

Pour se rendre présent à l'assemblée, en personne et en gestes de tendresse, Dieu passe par un ministre. Celui-ci n'est pas devant le peuple en son nom propre, mais in persona Christi. Ce ne sont pas ses mérites propres qui comptent, mais uniquement sa foi, dans laquelle transparaît Jésus-Christ. Par ailleurs, il ne s'est pas envoyé en mission lui-même ; il a été ordonné pour représenter l'Église universelle et pour porter la charge qu'elle a reçue elle-même. Et si sa foi personnelle importe beaucoup, il exerce son ministère de présidence au sein de l’Église qui professe sa foi dans la liturgie. Ainsi au service de Dieu et de l'assemblée, il peut permettre aujourd'hui un dialogue entre Dieu et les hommes.

Pour exprimer la communion de prière et d'action de l'Église d'une manière qui transcende l'histoire et la distance, la Tradition de l'Église nous propose un rite qui concrétise le dépôt de la foi transmis par la tradition apostolique et manifesté par le ministère épiscopal. Puisque la liturgie est lieu de la descente de Dieu dans le monde, elle sera toujours nouvelle, personnelle et authentique, dans la mesure même où chacun prendra humblement sa part à l'actio Dei. Au travers du rite, cette réalité se présente effectivement comme un don à accueillir qui toujours nous devance. Il est donc caractérisé à la fois par un développement organique et un refus de l'arbitraire.

Par le rite, la liturgie fait appel à toutes les possibilités spirituelles de notre corps : nous chantons, nous parlons ou nous nous taisons ; nous sommes assis, debout ou à genoux. Elle sollicite aussi la beauté d'éléments visibles (des lieux et des gestes, des fleurs ou des ornements), audibles (des chants ou le cérémonial) ou divers (comme l'odorat dans l'encens). Ainsi, l'art de célébrer se met au service de la double dynamique propre de la liturgie chrétienne : Dieu lui-même, dans le Fils, est notre grand-prêtre, et, par le Saint-Esprit, Il nous convoque pour prendre part à son offrande au Père. Ainsi, chacun – évêque, prêtre, diacre, chantre, lecteur, … et évidemment fidèle –, selon sa fonction propre mais dans l'unité de l'Esprit qui agit en tous, est responsable de sa part originale dans la liturgie (CEC 1144 et Lumen Gentium 11) et doit être en mesure d'assurer pleinement son ministère liturgique.

3. L'Eucharistie est la liturgie par excellence

La vie liturgique de l'Église est très variée. À côté des sept sacrements – baptême, confirmation et eucharistie ; mariage et ordination ; réconciliation et onction des malades –, il existe de nombreuses autres formes. Par exemple, la liturgie des heures est constituée de telle façon que tout le déroulement du jour et de la nuit soit consacré par la louange de Dieu (Constitution sur la sainte liturgie, Sacrosanctum Concilium 84). De même, le synode diocésain (voir fiches 2 et 3) est aussi une actio Dei.

L'Église naît du mystère pascal. C'est précisément pour cela que l'Eucharistie, sacrement par excellence du mystère pascal, a sa place au centre de la vie ecclésiale (Ecclesia de Eucharistia, 3). Dans ce sacrement, de manière tout à fait explicite, le Christ lui-même agit pour communiquer sa grâce. Sous le voile des signes eucharistiques, Il est corporellement, physiquement, présent aux hommes et au monde, et ce dans la plénitude du mystère de Pâques. Il poursuit ainsi, pour la gloire de Dieu, l’œuvre du salut, c'est-à-dire de notre union à Dieu. Et nous, nous sommes invités au Repas du Seigneur, une invitation qui nous vient de Dieu lui-même. Aussi, comme l'eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, nous prions pour être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité (Missel Romain de Paul VI), c’est-à-dire devenir, par la puissance de l’Esprit Saint, ce que nous recevons, devenir nous-mêmes Corps du Christ et être ainsi des offrandes agréables à Dieu.

En vertu du sacerdoce commun, nous participons activement à l'Eucharistie. Certes, la récitation de la Prière eucharistique au nom de l'Église et, au milieu de celle-ci, les paroles de la consécration, où le prêtre s'exprime avec le « Je » de Jésus-Christ, sont réservées au sacerdoce ministériel. Mais la participation active à l’actio Dei est fondamentalement la même pour tous : nous unir au Seigneur, le contempler ensemble et aller à sa rencontre. Le silence est ici un élément liturgique crucial, pour rencontrer en face-à-face le Seigneur qui se donne, nous exposer à lui et l'écouter dans le secret (Mt 6, 6).

L'Eucharistie dominicale nous offre de percevoir la présence du Christ mort et ressuscité, de la proclamer et d'en vivre. Cette rencontre est nourriture ressourçante pour notre pèlerinage sur terre. Ainsi renouvelés dans la foi, l'espérance et la charité, nous participons déjà à la façon d'exister du Royaume de Dieu, puisque déjà nous goûtons à l'aliment de la vie éternelle. Ce n'est donc pas une obligation arbitrairement imposée de l'extérieur, mais un droit royal pour chaque baptisé de prendre part au mystère pascal, une grâce qui illumine toute la semaine. Conformés au Christ, nous sommes remplis de l’Esprit Saint pour, dans un engagement complet de toute notre vie, annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume et servir nos frères et sœurs, en particulier les plus pauvres.

L'essence véritable du dimanche est d'être la fête de la Résurrection. Aussi l'assemblée eucharistique dominicale constitue-t-elle un témoignage fort de l’œuvre de Dieu pour le salut du monde d'aujourd'hui. Par sa régularité, par la riche diversité des assemblées ainsi que par sa liturgie faite de la joie du don de Dieu et du don de soi, la messe dominicale interpelle notre temps.

4. La liturgie est au cœur de la mission de l'Église

La mission chrétienne est proposition de rencontre avec Dieu, et non pas propagande pour des idées ou militantisme pour un groupe particulier. Aussi, pour qu'elle vienne effectivement de Dieu et qu'elle conduise à Lui, elle doit puiser dans une source plus profonde qu'une réflexion ou un plan d'action. Dans la liturgie, c'est au cœur même du don de Dieu qu'elle s'enracine. Aussi la liturgie constitue-t-elle le sommet vers lequel tend l'action de l'Église et en même temps la source d'où provient sa force de vie. En effet, par la liturgie, le Christ continue dans son Église, avec elle et par elle, l’œuvre de notre rédemption.

Dans la liturgie, l'Église reçoit la Parole de son Seigneur pour le salut du monde ; et annoncer Dieu, c'est nécessairement introduire à la relation à Dieu, et donc enseigner la prière et faire entrer de plain-pied dans l'Église célébrant son Seigneur : De tous les peuples faites des disciples en les baptisant... (Mt 28, 19-20) Pour les catéchumènes comme pour les croyants, la liturgie, en effet, est l'instant le plus sensible de l'adhésion aux signes donnés par Dieu (l'Église, sacrement visible du salut ; l'accueil de la Parole, des sacrements et de la grâce) et donc de l'adhésion à Dieu.

Dans la liturgie, l’Église découvre sans cesse l'amour du Christ, dans le sacrifice de sa vie pour nous. Et cet amour divin nous donne d'aimer en retour, d'aimer Dieu et d'aimer ceux qu'Il nous confie. Le chrétien y découvre que sa nature profonde, le cœur de sa mission propre, est de donner, de se donner joyeusement, à la suite du Christ.

Dans l'Eucharistie, et partant dans toute liturgie, le Christ est l'unique centre de gravité. Nous sommes devant le mystère de Celui qui est plus grand que nous et qui, merveille indicible, a voulu se faire l'un d'entre nous, hormis le péché. Dans la louange et l'action de grâce, nous pouvons oser nous reposer sur Dieu, et sur Lui seul. Et cet apprentissage d'une vie authentiquement chrétienne marque notre façon d'être dans toutes nos activités. Nous pouvons alors annoncer Dieu et servir nos frères, en Lui laissant la première place.

Toute évangélisation – qu'elle soit première ou nouvelle – demande que nous nous laissions pétrir d'abord par la tendresse de Dieu. Ainsi, mettre la liturgie au cœur de la mission et de l'identité de l'Église, c'est accepter que Dieu ait la primauté... dans toute la vie de l'Église comme dans la vie de chacun d'entre nous. Et de là, Il n'aura de cesse que de nous envoyer, en son Nom et forts de son Esprit, vers les frères qu'Il nous confie.

« Nous avons tout reçu de notre Mère l’Église : l’Écriture, les sacrements, la splendeur de sa liturgie, la tendresse pastorale qui nous entoure, et surtout nous recevons d’elle d’innombrables frères et sœurs dans la foi et plus encore tous les saints et les saintes. L’Église nous donne surtout la liturgie. C’est là, dans le mystère de la sainte liturgie, que réside la force et le charme de l’Église. Lorsque cette liturgie est célébrée dans la ferveur et la beauté, l’Église s’y manifeste telle qu’elle est en profondeur. Sobre et grandiose à la fois. C’est la liturgie qui contient sa plus grande force d’évangélisation. Personne n’échappe au charme mystérieux de la divine liturgie. Il se pourrait d’ailleurs que la liturgie devienne le moyen par excellence pour évangéliser dans une culture païenne, indifférente, si pas franchement hostile. »
(Cardinal Danneels)

Ainsi donc, on peut comprendre que la liturgie est au cœur de la mission de l’Église. En effet, qu’entend-on en général par « le cœur » ? C’est évidemment l’organe qui pompe le sang (la vie) dans le corps tout entier ; il se nourrit lui-même de ce sang et puis, il collecte enfin le sang chargé de tout ce que le corps a vécu. Ainsi, le cœur est « au cœur » du corps, mais il n’a pas de sens sans le reste du corps. De même, la liturgie pompe la Vie du Christ dans toute la vie de l’Église : elle est l’endroit où sourd la source de la grâce pour irriguer toute la mission de l’Église. Et tout ce qui a été vécu revient alors comme offrande dans la liturgie, une offrande qui « complète » l’offrande que le Christ fait de lui-même. L’annonce de l’Évangile, le service des frères et la communion constituent un tout organique, où aucun axe n’est plus important que les autres… néanmoins, il y en a un (la liturgie) qui en est le cœur. Dans la liturgie, nous recevons la Vie du Christ pour porter beaucoup de fruits (Jn 15, 5).

5. L’Église de Tournai vit de la liturgie

La liturgie cathédrale signifie la vie liturgique du diocèse pris comme portion de l’Église universelle, en particulier la messe chrismale et les ordinations, quel que soit le lieu de la célébration, ainsi que la vigile de Pentecôte à la Cathédrale avec les néophytes et les recommençants (voir Fiche 8). Cette liturgie exprime le ministère spécifique de l’Évêque, comme pasteur du diocèse et donc de tous les diocésains.

Dans les unités pastorales, l’eucharistie est le sacrement de l’initiation qui approfondit, dimanche après dimanche, l’entrée dans l’Église de chacun, catéchumène ou baptisé. Pour tenir visible la sacramentalité de l’Église, il convient aussi de tenir à cette eucharistie et au ministère des prêtres, collaborateurs de l’Évêque et pasteurs de communautés locales. Des célébrations rassemblant les communautés d’une même unité pastorale (e.g. à la veillée pascale avec le baptême des catéchumènes) montrent leur richesse pour permettre à chacun de vivre une belle célébration, de partager une foi vivante et de faire l’expérience d’un moment de convivialité fraternelle dans le Christ.