Dans le cadre du synode diocésain, notre Évêque, Mgr Harpigny, souhaite solliciter tous les membres du diocèse. C’est, en effet, en discernant ensemble que nous pourrons nous mettre en vérité à l’écoute de l’Esprit Saint et entendre ainsi ce qu’Il dit à l’Église de Dieu qui est en Hainaut. Voilà pourquoi la phase de consultation, qui durera de février à juin 2012, est si importante.
Par Philippe Fortemps et Pascal Mutombo, secrétaires généraux du synode

Des différentes phases d’un synode, la consultation est celle qui permet la participation la plus large : tout baptisé peut susciter autour de lui une équipe synodale, rassemblant de 6 à 12 personnes autour des thématiques proposées par notre Évêque. Par ailleurs, cette phase permet aussi d’être à l’écoute de tout ce qui se vit dans notre diocèse, dans les unités pastorales ainsi que dans les secteurs pastoraux (santé, famille, jeunes, solidarité, etc.) C’est pourquoi notre Évêque souhaite se rendre disponible, pendant cette phase, pour aller personnellement à la rencontre de tous et manifester ainsi qu’il se met en vérité à l’écoute de l’Eglise qui est à Tournai ! Enfin, cette phase est cruciale pour la préparation de l’assemblée synodale. En effet, lors de l’assemblée, les délégués travailleront et discerneront à partir des propositions issues de la consultation et rassemblées dans un document de travail (le « cahier synodal »). La richesse des propositions faites par les équipes synodales conditionnera donc directement les fruits de l’assemblée, et donc l’avenir du diocèse.

La mission d’une équipe synodale est de discerner une proposition pour chacune des 4 thématiques ouvertes par notre Évêque. Les équipes synodales peuvent aussi faire une proposition supplémentaire, si elles le jugent nécessaire pour que l’Église puisse porter davantage sa mission d’être signe et moyen du Christ en Hainaut. En réponse à la thématique considérée, une proposition prend la forme d’un diagnostic sur la réalité actuelle perçue par les membres de l’équipe, d’un objectif à atteindre et d’une action concrète pour y parvenir (impliquant éventuellement un renoncement).

Thématique par thématique, chaque équipe est donc amenée à conduire un discernement commun de la proposition : constat, objectif et action. C’est une dimension importante du travail de l’équipe synodale, car les réalités se vivent et se comprennent selon des points de vue différents. Ce discernement en équipe doit évidemment se mener dans une dynamique d’écoute, de respect et de créativité.

Mais, par-dessus tout, ce discernement s’inscrit dans une démarche spirituelle: il ne s’agit pas d’un quelconque processus de prise de décision, puisqu’il engage notre Église diocésaine dans sa manière de répondre à Dieu et aux hommes d’aujourd’hui. Nous aurons donc à cœur de demander à l’Esprit de nous guider : « soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait » (Romains 12,2) Seul l’Esprit de lumière, de vérité et de paix peut opérer en nous ce renouvellement, si nous acceptons de l’accueillir. C’est lui qui nous donne la grâce de nous détacher de nous-mêmes pour nous tourner filialement vers le Père et chercher ce qu’Il veut : « non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Marc 14,36) Aussi est-il sensé de commencer tout temps de discernement par un temps de prière à l’Esprit : l’Adsumus, composée par Isidore de Séville au 6e siècle s’y prête particulièrement bien. Nous n’aurons alors de cesse de rechercher le plus grand bien et d’avoir le souci de toute l’Église.

Une fois le diagnostic posé, le discernement de l’objectif nous invite à rechercher la communion ecclésiale et à voir le visage que notre Église doit prendre dans les années à venir. De tout temps, l’Église a vécu et s’est développée grâce à des discernements communautaires, où les uns et les autres acceptaient de faire passer en premier la manifestation de la réalité du Salut pour tous. L’épisode de l’Assemblée de Jérusalem décrit dans les Actes des Apôtres (Ac 15,1-35) en est un bel exemple.

Pour accompagner le cheminement des équipes, un carnet de route a été rédigé. Il propose principalement des indications pour conduire le discernement sur les 4 thématiques ouvertes par notre Évêque. Il propose aussi, en préalable, une rencontre initiale pour entrer dans le « fil rouge » du synode : l’Église est sacrement, c’est-à-dire signe et moyen du Christ dans le monde d’aujourd’hui. On recommande aussi que chaque équipe se choisisse un animateur, qui veillera au bon fonctionnement et au partage du temps de parole. L’animateur veillera aussi à (faire) inscrire son équipe via le formulaire disponible sur le site web. Par retour d’email, il recevra un code d’identification lui permettant de transmettre les propositions de son équipe. C’est sur base de ces propositions que le Comité de Pilotage pourra composer le cahier synodal pour l’assemblée.

La démarche structurée qui est proposée et les aspects « administratifs » de gestion de l’équipe synodale ne doivent pas faire oublier l’essentiel : c’est Dieu qui est l’initiateur de toute la vie de l’Eglise. L’Église étant née du désir de Dieu de continuer à Se donner à l’humanité, notre discernement aura toujours pour objectif de rejoindre ce désir. « Un synode n’est pas un sénat fermé à huit clos. La participation de tout le peuple chrétien y est indispensable, justement pour témoigner que ce qui est accompli par le synode, comme en général par l’Eglise, est vie dans l’Esprit Saint » (E.Lanne, « l’origine des synodes », dans Tradition et communion des Eglises, Leuven, University Press, 1997, pp. 199-207. Citation reprise dans « Délibérer en Eglise » Hommage à Raphaël Collinet, Alphonse Borras (dir.), Editions Lessius).