Cette année, le temps de l’Avent coïncide avec le début de la mise en œuvre des fruits du synode diocésain. Mettons-nous au diapason de saint Joseph, pour apprendre à accueillir en nous l’Église et oser porter sa mission.

Quand on relit les passages du Nouveau Testament qui nous parlent de Joseph, notre attention est attirée par toutes les surprises et les péripéties auxquelles il a fait face. Ainsi, lorsque Joseph entendit l’invitation de l’ange à prendre Marie chez lui, comme épouse (Mt 1,20), il a dû se dire que ce n’était pas vraiment banal… Car, somme toute, Dieu le choisissait pour être gardien (custos) de la Mère du Messie et d’ailleurs aussi de l’enfant Jésus. Il recevait la mission de le faire grandir au monde et de contribuer ainsi à l’œuvre de l’Esprit Saint dans l’Incarnation. S’appuyant sur toute l’histoire du peuple d’Israël, il a pu faire confiance et oser répondre aux demandes de l’ange du Seigneur. Certes, il y aura probablement des péripéties, mais il fait confiance : Dieu sera toujours là, car Dieu n’abandonne jamais ceux qui osent répondre à ses appels.

Parmi les péripéties vécues par Joseph, relevons en trois et voyons ce que nous pouvons en comprendre, en relation avec ce temps de l’après-synode qui commence maintenant.

Recensement

Quelques mois à peine après son « oui » à l’ange, Joseph est déjà confronté à une situation délicate. Le recensement ordonné par l’empereur Auguste est en cours (Lc 2,1-7) ; Joseph doit se rendre dans sa ville d’origine, à Bethléem avec Marie. Mais, faire un tel trajet avec une femme enceinte sur le point d’accoucher, ce n’est pas génial ! On pouvait rêver mieux ! Et ce n’est pas tout, car arrivé à Bethléem, Joseph n’arrive pas à trouver un hébergement approprié. Malgré tous ses efforts, il ne peut proposer à Marie qu’une mangeoire pour coucher le nouveau-né. Manifestement, l’histoire du Salut n’est pas de tout repos ; elle est profondément ancrée dans les réalités (y compris difficiles) du monde.

Dans la mise en œuvre des fruits du synode, nous serons peut-être confrontés aussi rapidement à des difficultés concrètes. Et malgré tous nos généreux efforts, nous aurons peut-être l’impression de ne pouvoir proposer qu’un âne, une crèche et une mangeoire. Alors, nous pourrons nous tourner en confiance vers saint Joseph : il nous apprendra à compter sereinement et efficacement sur l’aide de l’Esprit Saint, afin qu’il transforme nos mangeoires en tabernacles, nos crèches en accueillantes cathédrales et nous-mêmes ( J ) en humbles et joyeux serviteurs de tous nos frères et toutes nos sœurs.

Exil et périphérie

Durant les temps qui ont suivi la naissance de Jésus, Joseph a encore été surpris. Ce n’était pas les autorités royales ou religieuses juives qui accouraient pour saluer le Prince de la Paix… mais, les plus pauvres parmi les pauvres, les bergers (Lc 2,8-20); et aussi, des étrangers, ces mages venus de si loin (Mt 2,1-12). Et puis, non seulement il a fallu accueillir ces visiteurs venus de la « périphérie », mais il fallait encore devenir soi-même des exilés : quitter la terre d’Israël pour fuir en Égypte (Mt 2,13-23), jadis terre d’oppression.

Les fruits du synode risquent de nous emporter sur des chemins nouveaux. Nous aurons à rester ouverts à l’imprévu. Des visiteurs venus de la périphérie voudront peut-être nous rejoindre, intrigués par ce vent nouveau : saurons-nous les accueillir avec la même sollicitude que Joseph ? Et puis, oserons-nous aller là où nous ne l’avions pas prévu, sortir de nos murs pour rencontrer d’autres personnes et leur faire connaître le Seigneur Jésus ? Peut-être aurons-nous à notre tour le sentiment de parcourir des chemins difficiles et arides. À l’image de Joseph, nous chercherons à accueillir fidèlement le supplément de foi, d’espérance et de charité que l’Esprit voudra alors nous donner. Ainsi, nous pourrons entrer joyeusement dans la profondeur du mystère de l’Église universelle et la voir avec les yeux bienveillants du Père, Lui qui a envoyé le Christ pour guérir et sauver tous les hommes.

Pèlerinage à Jérusalem

Et puis, lorsque Jésus eut atteint ses 12 ans, Joseph a connu l’une de ses plus grandes inquiétudes, lors d’un pèlerinage à Jérusalem (Lc 2,41-52). Car, Jésus que l’on croyait avoir bien localisé… n’était pas là où on le croyait. Pendant 1 jour complet, on avait marché en le pensant ici ou là avec les compagnons de route, mais non, on s’était trompé. En fait, Dieu n’est jamais tout à fait là où on le pense. Celui que nous pensons parfois bien connaître et que nous croyons même pouvoir annoncer, il nous faut toujours et sans cesse le redécouvrir : « Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être. » Cela ne doit certainement pas nous empêcher de témoigner du Christ, mais plutôt nous inciter à toujours chercher aussi à mieux le connaître. L’évangélisation du monde ne peut se faire sans notre propre évangélisation.

Le synode diocésain ne peut pas avoir tout dit sur la mission de l’Église diocésaine, ni aujourd’hui, ni plus tard. Et pourtant, c’est au cœur même des décrets synodaux que Dieu nous attend et qu’Il nous appelle à faire Sa volonté. Le cheminement synodal nous a conduits  à une meilleure connaissance à la fois de Dieu et de l’Église. Mais, comme Joseph, nous aurons sans cesse à poursuivre cet approfondissement, dans la paix et la joie de l’Esprit Saint. C’est en cherchant et en trouvant Dieu en toutes choses que nous pourrons être, en Église, toujours davantage reflet de la lumière du Christ pour toutes les nations.

En forme de conclusion

Au terme de ce cheminement synodal, nous pouvons nous mettre simplement à l’écoute de l’invitation adressée à Joseph : Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton Épouse. L’enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint. (Mt 1,20) Comme le soulignait le bienheureux Jean-Paul II : Saint Joseph a pris un soin affectueux de Marie et s’est consacré avec joie à l’éducation de Jésus Christ, de même il est le gardien et le protecteur de son Corps mystique, l’Église, dont la Vierge sainte est la figure et le modèle. (Redemptoris Custos, n° 1)

À l’image de Joseph, demandons à l’Esprit Saint de pouvoir garder avec amour ce que Dieu nous a donné : ne craignons pas d’accueillir notre Église diocésaine dans sa diversité fraternelle et centrée sur le Christ ; et osons porter sa mission ensemble et dans la joie, car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint.