Extraits du mot d’accueil du Secrétariat général au début de la troisième session le 23 février 2013 à Bonne-Espérance

Chers amis dans le Christ,

En nous reliant avec le Vendée-Globe, le P. Thiry a ouvert un filon spirituel quasiment inépuisable… même lorsque nous pointons notre regard sur les différences plutôt que sur les similitudes avec notre synode diocésain. Bien sûr, la première différence est que le Vendée-Globe est fini (le dernier concurrent est arrivé hier après-midi aux Sables d’Olonne) et que notre synode ne se terminera qu’en octobre avec la célébration de clôture. Mais, on peut aller beaucoup plus en profondeur dans la comparaison.

Trois éléments en contraste

Nous voudrions vous proposer 3 éléments de contraste : le Vendée-Globe se déroule en solitaire, la ligne d’arrivée est bien localisée, et le skipper doit essentiellement compter sur ses propres forces.

En solo ou en communion

Le défi pour un skipper du Vendée-Globe est bien entendu de faire ce tour du monde, mais surtout de le faire en solo. Mais pour nous, il en va tout autrement.

En synode, nous avons à cheminer ensemble… La diversité de nos sensibilités ainsi que de nos relations personnelles avec Dieu et avec nos frères est la source d’une grande richesse. Nous avons pu tous la constater dans la lecture des textes produits par les différentes équipes de l’assemblée ; le comité de pilotage l’a aussi bien ressentie lors de la confection des textes de synthèse. Cette diversité a permis une avancée considérable dans la rédaction des propositions d’orientations pastorales.

En même temps d’être une richesse, ce « cheminement ensemble » constitue un véritable défi. Nous l’avons peut-être déjà expérimenté lors des sessions précédentes, lorsqu’en équipe, nous avons dû nous mettre d’accord pour rédiger tel ou tel paragraphe. Il nous arrivera probablement de le percevoir davantage encore aujourd’hui où plusieurs équipes vont devoir se concerter pour proposer un texte commun.

Nous pouvons regarder plus loin ; car ce qui nous porte, c’est que nous n’engageons pas que nous-mêmes. Certes, nous sommes près de 400, mais c’est toute la communion de l’Église diocésaine que nous sommes appelés à faire croître dans sa foi et sa réponse à la sacramentalité de l’Église, nous y comprisJ. La question n’est donc jamais « que souhaitons-nous ? de quoi avons-nous envie ? » Mais plutôt, « en Église diocésaine, qu’avons-nous à faire pour être toujours davantage signe et moyen du Christ pour nos contemporains ? »

Et puis cette communion dépasse même notre diocèse. Notre cheminement diocésain n’est pas séparé de la vie de toute l’Église. Et nous avons à cœur d’inscrire notre discernement dans la communion de foi et de charité de l’Église universelle.

Un aboutissement indéfini

Pour les skippers du Vendée-Globe, l’arrivée est localisée aux Sables d’Olonne. Quelle que soit la durée du périple, une ligne fictive y est tracée. Le premier skipper a mis 78 jours pour la franchir et le dernier 104 jours. Pour nous, il en va tout autrement.

Il n’y a pas de ligne objective à franchir, pas de critères qui nous disent « vous êtes arrivés au bout, à un texte parfait qu’il ne faut plus retoucher ». C’est presque le contraire. Nous pourrions reprendre les textes pendant 100 ans et toujours trouver à les améliorer. C’est toute l’histoire de l’Église universelle depuis la Pentecôte jusqu’à la fin des temps.

Alors, nous avons à nous  redire quel est le but de notre assemblée… Il ne s’agit pas de rédiger une somme théologique ou un essai exhaustif sur la vie chrétienne. Les textes que nous rédigeons s’adressent à notre Évêque. Nous voulons lui transmettre, du mieux que nous pouvons et dans les délais qui sont les nôtres, des propositions pour l’avenir de notre diocèse. Et si notre texte n’est parfait, nous savons qu’il pourra comprendre quand même.

Surtout, nous n’avons à craindre le regard ou le jugement de personne, car il s’agit avant tout d’un échange entre des fidèles et leur évêque. Bien sûr, nous cherchons la meilleure manière de lui parler, mais nous le faisons avec confiance et sérénité, car nous nous souvenons toujours de cette phrase de saint Augustin : « Pour vous, je suis évêque ; avec vous, je suis chrétien ». C’est donc remplis de cette grâce de notre baptême commun en Jésus-Christ que nous nous adressons à notre Évêque, comme pour un tête-à-tête où notre cœur de chrétiens rassemblés parle au cœur de notre Évêque.

Dans le confiance à l’Esprit Saint

Un skipper du Vendée-Globe n’est pas seulement isolé sur son bateau. Il ne peut compter que sur ses seules ressources (Un concurrent du Vendée-Globe a même été disqualifié pour avoir amarré son voilier à un bateau russe, lors d’une réparation). Pour nous, il en va tout autrement.

C’est presque même le contraire. Si nous espérons y arriver par nos seules forces, nous n’y arriverons pas. Ce n’est qu’en restant humblement disponibles au souffle de l’Esprit que nous pourrons découvrir le but vers lequel nous devons marcher et quelle tâche nous avons à réaliser. Tout au long de cette journée, la prière de l’Adsumus nous servira encore de boussole.

Ici, nous voudrions encore remercier les nombreuses personnes qui – partout dans le diocèse et parfois même ailleurs – ont accepté de porter le discernement du synode dans la prière. Nous pensons entre autres aux personnes malades de notre assemblée : elles ne peuvent être présentes ici, mais elles sont en communion de prière avec nous. Par ailleurs, aujourd’hui encore, plusieurs membres de la vie consacrée vont se relayer devant le Saint-Sacrement, à cette intention. N’hésitez pas à les rejoindre.

En résumé, nous avons aujourd’hui à border les voiles afin qu’elles prennent au mieux le vent. Bon vent à tous!