Editorial de Eglise de Tournai du mois d'avril 2012

Le Christ est aussi la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Eglise (Colossiens 1, 18)

Toutes les équipes synodales sont invitées à la messe chrismale

Depuis fin janvier 2012, les équipes synodales ont commencé leur itinéraire afin de participer de manière active à la préparation de la célébration du synode diocésain. Je remercie tous ceux qui se sont inscrits. Toutes les équipes synodales sont invitées à la messe chrismale qui sera célébrée le mardi-saint 3 avril 2012 à 18.00H, en la Collégiale Saint-Pierre à Leuze-en-Hainaut. C’est un moment fort de la vie du diocèse. Il nous fait entrer de manière ecclésiale dans le mystère de la Pâque du Christ.

Quelques éclaircissements

Plusieurs m’ont écrit ou fait savoir au comité de pilotage du synode diocésain que la première proposition de travail du synode est difficile. N’y aurait-il pas lieu de simplifier ? Peut-on traduire la proposition en un langage plus proche du vocabulaire courant ? On peut tout faire pour rendre les expressions plus « faciles » à comprendre. En même temps, chacun est invité à approfondir la signification de l’Eglise, sa nature, sa mission, dans la société actuelle. Lorsque nous entendons dire qu’il n’y a presque plus de catholiques pratiquants, l’Eglise disparaît-elle pour autant de la société ? A-t-elle changé de nature ? Sa mission est-elle éteinte ? Notre réponse à ces questions va mettre en valeur un des axes de la mission de l’Eglise (l’annonce de la foi, la célébration des mystères du Christ, le service de la société et des communautés ecclésiales) et notre réponse va aussi souligner un aspect que nous estimons fondamental (service des pauvres ; éducation des jeunes ; soin des malades ; accueil des demandes de rites pour la naissance, le mariage, les funérailles). Certains vont peut-être dire que la forme actuelle de l’Eglise va disparaître et qu’il faut, par conséquent, changer profondément les structures de l’Eglise, rajeunir les cadres, être en phase avec les aspects neufs de la société. Quelques-uns insisteront sur l’identité de l’Eglise, l’originalité de sa mission, son aspect de mise en question de la société traversée par le mal et les signes de mort.

Des questions à mettre en relation avec l’Ecriture et la Tradition de l’Eglise

La préparation du synode diocésain est l’occasion de vérifier si ces options trouvent bien leur source dans l’Ecriture et la Tradition de l’Eglise. Personnellement, je suis attentif, quand je cherche à parler de l’Eglise, de sa nature et sa mission, à tout ce qu’apportent non seulement la tradition catholique, mais aussi les autres traditions chrétiennes. Et, précisément, sur l’aspect sacramentel de l’Eglise, nous avons la chance d’avoir, depuis des décennies, des contributions fort intéressantes des Eglises orthodoxes, des communautés protestantes, de la communion anglicane. N’hésitons pas à demander l’avis de nos frères et sœurs chrétiens en ce domaine.

L’Eglise et le dessein de Dieu

Pour être encore plus précis : l’Eglise est-elle bien voulue par Dieu ? Quel est son lien avec le Père, le Christ, l’Esprit Saint ? Est-ce qu’elle manifeste bien de manière visible le dessein de salut de l’humanité ? Au fond, à quel moment « commence » l’Eglise ? Qui en est membre ? Et, si toute l’humanité n’en est pas membre, l’Eglise a-t-elle le droit d’inviter tout le monde à devenir membre de l’Eglise ? Quand nous entendons dire que l’Eglise a la mission d’annoncer le Christ, d’évangéliser tous les hommes, qu’est-ce que nous comprenons ? Est-ce que nous sommes d’accord ? Est-ce que nous le faisons ?

J’accepte bien volontiers que ces questions ne sont pas simples. Et je comprends que des parents ou des éducateurs ont parfois des doutes lorsqu’ils partagent sur ces questions avec les adolescents et les enfants devenus adultes. Il est vrai que, dans un souci légitime de respecter la liberté de leurs enfants, des parents n’ont pas demandé le baptême pour leurs nouveau-nés. Ils choisiront eux-mêmes plus tard. Cela n’a pas empêché les parents de témoigner de leur foi auprès de leurs enfants. Mais, en définitive, sur quoi avons-nous insisté ? Qu’est-ce que nous n’avons pas dit ? Qu’est-ce qui nous posait question quand nous parlions de l’Eglise ?

La participation à une équipe synodale peut être l’occasion de partager sur ces questions en toute franchise, en toute liberté.

Deux textes intéressants

Pour ceux qui désireraient avoir un canevas pour s’y retrouver, il me semble que le plus simple consiste à prendre le Catéchisme de l’Eglise catholique, Paris, 1997, p. 164-210, en regardant uniquement les titres. Il s’agit d’une présentation de la formule du Symbole de foi : Je crois à la sainte Eglise catholique. Pour la sacramentalité de l’Eglise, la lecture du paragraphe premier peut suffire : L’Eglise dans le dessein de Dieu (p. 165-172).

Pour les jeunes de moins de 25 ans, je conseillerais un parcours encore plus court dans Youcat, Catéchisme de l’Eglise catholique pour les jeunes, Paris, 2011, p. 77-80.

Célébrer la Pâque du Christ

En mourant par amour pour nous sur une Croix, en ressuscitant, le Christ est source de vie, de vie en abondance. Dès le soir de Pâques, dans l’évangile de Jean, le Christ donne l’Esprit aux apôtres. Puissions-nous, durant le triduum pascal et le temps pascal accueillir le don du Christ dans notre vie personnelle et dans son Eglise.

Bonne fête de Pâques !

Mgr Harpigny.small+ Guy Harpigny, Évêque de Tournai