saint benoit oreille snv 2004
Toute personne qui s'engage dans la Vie Consacrée choisit le Christ, ou plutôt elle se laisse conquérir par Lui, sans réserve (Benoît XVI). Aujourd'hui, nous pouvons recevoir ce témoignage comme une invitation adressée à tous de vivre le synode convoqué par notre Évêque d'une manière totalement configurée au Christ chaste, pauvre et obéissant. (Jean-Paul II, Vita Consecrata, n. 18)

Article paru dans le numéro 68 de Paraboles (septembre 2011), consacré à "une vie consacrée au Christ"

Le synode constitue une expérience – une prodigieuse aventure même ! – nouvelle dans notre diocèse. En fait, depuis Vatican II, il n'y a pas eu de synode diocésain en Belgique, a fortiori dans notre diocèse. L'annonce de la convocation par notre évêque d'une telle assemblée délibérative peut donc surprendre... et poser des questions. Ce numéro de Paraboles sur la Vie consacrée nous donne l'occasion de percevoir une invitation à vivre ce synode dans les pas du Christ, d'une manière radicalement appuyée sur les conseils évangéliques : pauvreté, chasteté et obéissance.

La pauvreté, à partir du Christ, constitue une manière de se rendre proche de Dieu et de devenir libre intérieurement pour son prochain. Elle ne se limite donc pas au renoncement des biens matériels. Pour vivre le synode, elle serait renoncement à tout ce qui nous enferme : nos habitudes, nos aprioris, nos réussites ou nos échecs... Avant de cheminer ensemble dans ce synode, il nous faut, chacun, déposer notre bagage (Marc 6, 7-13), pour découvrir en vérité Celui qui est pauvre jusqu'au don de Lui-même.

La chasteté, au nom du Christ, oriente toutes les relations dans la dynamique du Royaume de Dieu, vers une union intime avec Lui et au service de tous les hommes. Pour vivre le synode, il s'agirait de compter sur Dieu, non pas sur nos propres forces, mais uniquement sur la force de Dieu, la force de son Amour. Habiter la confiance, pour que ce synode et ce qui en sortira ne soient pas seulement pour Dieu, mais surtout avec Dieu ! Laissons-Lui donc la place au cœur du synode, au cœur de nos communautés, et au cœur de nos vies.

L'obéissance, à l'image du Christ, consiste d'abord à écouter Dieu dans la prière et le discernement et ensuite à Lui répondre positivement avec une liberté intérieure renouvelée. Pour vivre le synode, nous pourrions nous tourner vers Marie. Dans les quelques mots qu'elle dit à Cana, il y a tout un programme : tout ce qu'il vous dira, faites-le (Jean 2,5). Tout commence par l'écoute... par se mettre à l'écoute. Aussi, il nous faut d'abord demander cette grâce de se mettre à l'écoute obéissante de l'Esprit. Il nous inspirera, Lui-même, la réponse à apporter. C'est le sens de l'Adsumus, la prière du synode.

Ainsi, une invitation nous est lancée, afin que la démarche du synode soit totalement configurée au Christ chaste, pauvre et obéissant. En inclinant l'oreille de notre cœur (Règle de saint Benoît) à l'écoute de l'Esprit, en nous laissant conquérir sans réserve par le Christ, et en gardant Dieu comme notre unique richesse, nous pourrons vivre ce synode en plénitude pour répondre à l'invitation de notre Évêque et lui apporter sereinement notre concours pour le bien de la communauté diocésaine toute entière (Droit canon, n. 460)