En ce mois de Toussaint, nous pouvons nous tourner vers les Saints pour percevoir quelque chose de la sacramentalité de l'Église...
(Article paru dans Église de Tournai en novembre 2011)

La « sacramentalité de l'Église » peut paraître une réalité complexe à percevoir. En mettant ainsi en perspective la mission de l'Église, le Concile Vatican II s'est inspiré des Pères de l'Église :

L'Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain. (Lumen Gentium, 1)

De plus, pour notre cheminement synodal, notre Évêque nous demande justement de discerner comment mieux vivre et exprimer cette « sacramentalité ».

 

Notre entrée en synode est l'occasion de nous mettre à l'école de l'Église du Ciel, où tous les saints prient pour nous. Nous les honorons particulièrement en ce début novembre. Ils peuvent aussi nous aider à percevoir quelque chose de la sacramentalité de l'Église. C'est ainsi qu'en les regardant tour-à-tour – ou plutôt en regardant quelques-uns –, nous pourrions ébaucher trois grandes familles.

Il y aurait les saints de la « diaconie », comme le saint Père Damien ou saint Vincent de Paul : dans l'enseignement, auprès des malades ou des prisonniers, ..., ils ont portés sur chacun, et en particulier sur les plus faibles et les plus pauvres, un regard qui voit l'homme comme inconditionnellement aimé de Dieu. Durant ce synode, nous pouvons prier les saints, pour apprendre d'eux comment recevoir la grâce d'aimer ceux que nous rencontrons et de puiser dans cet amour la force nécessaire pour les accompagner et les relever.

Il y aurait aussi les saints de l' « annonce », comme saint Paul ou saint Piat : martyrs, missionnaires, catéchistes,..., ils sont partis au loin ou sont restés pour découvrir Dieu toujours davantage dans la Parole et ensuite annoncer, avec un étonnement sans cesse renouvelé, la tendresse divine. Aussi, pendant ce synode, pouvons-nous accueillir, comme eux, la flamme de l'Esprit Saint, nous mettre à l'écoute de Dieu et annoncer Son Amour à tous les hommes de notre temps.

Il y aurait enfin les saints de la « communion », comme saint Benoît, saint Éleuthère ou encore sainte Thérèse de l'Enfant Jésus : fondateurs de communauté, pasteurs, priants, ..., ils ont toujours mis l'accent sur la communauté humaine en relation avec Dieu, pour rassembler ceux qui leur étaient confiés dans la famille des enfants de Dieu. Pour nous, ce synode pourra être l'occasion de nous mettre à leur suite afin que l'Église soit toujours davantage le ferment de cette communion, unité des hommes entre eux et union intime des hommes à Dieu.

Mais, à regarder de plus près, il n'est peut-être pas juste de distinguer ces 3 familles. Regardons-les à nouveau... Leur vie ou leur action ne s'est jamais limitée à un des aspects de la mission de l'Église. Même si parfois, un axe nous semble plus apparent, les saints vivent pleinement la mission de l'Église, sa « sacramentalité ». Et ce qui en fait des saints, c'est que, dans la prière, ils ont offert toute leur vie, aussi humble qu'elle pouvait leur sembler, à Dieu.

De plus, la vie d'un saint est comme imprégnée d'une urgence incontournable : la rencontre personnelle de Dieu. Dans leur existence, les saints s'appuient intensément sur le Christ venu pour que tous aient la Vie, et la Vie en abondance (Jn 10, 10). Et là, ils trouvent la force d'aller par amour vers leurs frères. Mais, ils ne sont pas seulement en train de vivre à la suite du Christ, manifesté dans le passé. Dans leur aujourd'hui, ils vivent une rencontre actuelle et intime avec Dieu. Pour eux, vivre, c'est le Christ (Ph 1, 21). Et puis enfin – et peut-être surtout –, ils vivent orientés vers le bonheur ultime du face-à-face avec Dieu. « Ainsi, le Christ, après s'être offert une seule fois pour enlever les péchés d'un grand nombre, apparaîtra une seconde fois, hors du péché, à ceux qui l'attendent pour leur donner le salut. » (He 9, 38).

En fin de compte, c'est Dieu lui-même qui a fait d'eux des saints, habités de l'urgence de vivre par Lui, avec Lui et en Lui. En commençant notre cheminement synodal, oserons-nous laisser Dieu faire de même avec nous ? Serons-nous prêts à Lui dire un « oui » authentique, lorsqu'Il nous appellera à Le suivre sur un chemin peut-être surprenant, ... en attendant d'aller Le rejoindre ?

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous ;
Saint Éleuthère et Saint Piat, patrons du diocèse, priez pour nous ;
Vous tous, saints et saintes de Dieu, priez pour nous.