Extraits du mot d’accueil du Secrétariat général adressé aux membres de l’assemblée diocésaine, au début de la deuxième session le 1er décembre 2012 à Bonne-Espérance, publiés dans Eglise de Tournai, en janvier 2013.

Chers amis dans le Christ,

Nous voici embarqués pour la deuxième étape de notre « Tournai-Globe ». J’imagine en effet que depuis la première session de notre assemblée – depuis que le P. Thiry a comparé notre assemblée synodale au Vendée-Globe – vous vous êtes peut-être renseignés sur cette course et sur ses skippers… En passant, il est amusant de noter qu’ils passeront demain à hauteur du cap de… Bonne-Espérance !

« Tournai-Globe »

Certes, dans notre aventure spirituelle, nous avons quelques escales (ce qui n’est pas le cas du Vendée-Globe), mais il y a quand même beaucoup à apprendre de l’observation des skippers qui cherchent à gagner la course. Vous avez pu admirer leur courage, leur persévérance et leur patience. Mais surtout, leur humilité. Car la mer est toujours changeante et indomptable; l’humilité est donc peut-être la vertu première d’un bon skipper.

Ainsi, tout l’art du skipper réside-t-il dans sa capacité de renoncer à ses certitudes pour se mettre à l’écoute. Il n’y a pas une trajectoire idéale que l’on pourrait déterminer avant d’embarquer et que l’on pourrait ensuite tenir tout au long de la course. Tout change, et sans cesse il faut être prêt à border une voile ou à changer d’amure. Dans sa course, le skipper est armé de cartes nautiques et d’une boussole, il est renseigné par les bulletins météos et enfin, il est toujours à l’écoute. Il en va un peu de même pour nous.

Cartes et boussole : Écritures et Tradition de l’Église

Si les cartes et la boussole (ou peut-être aujourd’hui, un GPS) servent au skipper comme de guide sur les grandes lignes du parcours, nous…, nous avons la Parole de Dieu qui s’exprime dans les Écritures et dans la Tradition de l’Église. Jour après jour, l’Église y contemple Dieu dont elle reçoit tout (DV 7) et dont elle cherche toujours à mieux témoigner.

Voilà pourquoi l’Évangéliaire prend une place si importante dans nos réunions. Il est signe de la présence du Christ et de la présidence qu’il exerce dans toute la vie de l’Église.

Bulletins météos : Équipe et Cahier synodal

Les bulletins météos permettent au skipper d’être informé sur le monde qui l’entoure et en même temps sur la progression de ceux qui l’accompagnent dans la course. Pour nous, il y a ce cahier synodal, qui synthétise les constats et les propositions émanant de la large phase de consultation. Il y a aussi toutes les sollicitations que nous recevons de toutes parts ; dans les médias, mais aussi par les membres de nos communautés qui nous demandent des nouvelles du synode. Tout cela nous donne à penser et réfléchir, car les attentes qui s’y sont exprimées ne sont pas minces !

Et puis, dans notre assemblée, nous ne sommes pas seuls. Nous sommes là, ensemble, pour réaliser ce travail. Et si parfois nous avons l’impression de faire un effort pour cela, souvenons-nous alors que l’autre est très certainement en train de faire le même effort. Car, c’est la même foi qui nous anime, le même désir de conversion, le même désir de rencontrer Dieu et de le faire connaître.

Le vent souffle où il veut

Enfin, il y a l’écoute. Pour le skipper, c’est certainement le sens le plus développé. Écouter le vent, écouter sa voix pour le chercher et le trouver, l’écouter encore pour bien orienter ses voiles et pouvoir se laisser porter par sa force. Oui, c’est à l’oreille que l’on règle les voiles.

Eh bien, vous connaissez les paroles de Jésus à Nicodème : « Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit. » (Jn 3,8) Notre vent, c’est donc l’Esprit Saint. C’est Lui qui nous montre le chemin que nous avons à suivre. Mais, nous ne pouvons pas déterminer, une fois pour toutes, sa trajectoire. Ce que nous avons à faire, c’est d’écouter sa voix et de chercher, avec son assistance, ce que nous avons à faire.

Plus précisément, chaque fois que nous chercherons à nous mettre « droitement » – en conscience – à l’écoute de l’Esprit Saint, chaque fois que nous chercherons le chemin de la Vérité, chaque fois, l’Esprit Saint viendra inscrire la toute-puissance de Dieu dans la faiblesse de nos choix. Ainsi, lorsque dans notre activité, nous observerons la droiture en nous laissant guider par la foi, nos avis, vivifiés par le souffle de l’Esprit, donnent corps à la douce volonté du Père.

Voilà pourquoi l’Adsumus est si importante pour nos temps de prière. Voilà aussi pourquoi nous tenons à maintenir une adoration tout au long des sessions de l’assemblée. (Je profite de l’occasion pour remercier ceux qui vont assumer la permanence du relais en présence du Saint Sacrement, et pour vous inviter à passer – même un bref instant – vous rendre présent au Seigneur.)

Planning de la session d’aujourd’hui

Maintenant, il n’y a plus qu’à nous mettre au travail.

Dans la composition du planning d’aujourd’hui, nous avons évidemment essayé de tenir compte de toutes les remarques qui nous sont parvenues, tout en respectant la forme spécifique et les objectifs d’un synode diocésain.

La première session était consacrée à prendre ensemble davantage connaissance du Cahier synodal, des thématiques importantes qui y étaient abordées et de la motion qui est confiée à notre équipe. Nous avons consacré du temps à cette étape car elle est essentielle, puisqu’elle permet finalement de poser en équipe les bases du travail et d’identifier les bonnes questions, sans s’embarquer trop vite.

Nous allons maintenant aborder une autre étape : la proposition d’amendements. Comme annoncé, notre seconde session commencera par l’écoute des brèves interventions faites au nom de chaque équipe. Il s’agit là de permettre à toute l’assemblée de suivre le travail réalisé dans les différentes équipes, et aussi aux équipes chargées d’une même motion d’entendre les questions des autres. Après une courte intervention de Vivre Ensemble, qui nous rappellera combien la lutte contre la pauvreté et contre les exclusions constitue une priorité pastorale pour notre diocèse, nous arriverons à la pause de midi.

L’après-midi reprendra ici-même pour permettre à nos 2 théologiens de référence de nous transmettre leurs impressions sur le cahier synodal ainsi que d’éventuelles interpellations qu’ils voudraient nous lancer. Après quelques mots précisant le travail d’amendement, chaque équipe prendra la direction de son local pour un beau moment de travail. Nous avons cherché à rendre cette plage horaire la plus efficace possible. Nous aurons l’occasion d’en reparler. Si par hasard la matinée était plus courte, nous pourrions anticiper le repas et allonger d’autant le temps disponible pour le travail en équipes.

Invités

Parmi nous, je voudrais mentionner la présence d’un représentant de l’Église anglicane. Il était déjà présent à la première session. C’est vraiment pour nous une grande joie de l’accueillir.

Nous accueillons aussi aujourd’hui le vicaire général du diocèse de Cambrai. Merci d’exprimer par votre présence la fraternité de nos deux diocèses si proches.

Les séminaristes de notre diocèse ont aussi souhaité participé à notre synode. Certains sont pleinement membres de l’assemblée, d’autres se mettent à son service, par exemple en étant présents devant le Saint Sacrement. Un tout grand merci à eux.

 

Et maintenant, entamons ensemble cette deuxième étape. Il nous reste encore beaucoup de choses à faire, beaucoup de travail à réaliser. Mais, cette journée nous mènera déjà bien en avant sur notre périple synodal. Et, avec l’aide de l’Esprit Saint, nous parviendrons sereinement au bout. Alors, bon vent à tous !