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Noël, c’est quand même un peu plus que l’anniversaire du petit Jésus…, par Philippe Fortemps et Pascal Mutombo, secrétaires généraux du synode.

Noël, c’est le mémorial d’un événement considérable pour toute l’humanité : Dieu prend l’initiative de venir en personne. Pour se communiquer pleinement à tout homme, l’Amour rédempteur de Dieu s’incarne.

En Jésus, Dieu cherche à rencontrer l’humanité et à réaliser cet amour rédempteur. En d’autres mots, l’amour humain de Jésus pour les hommes de son temps manifeste et communique l’amour de Dieu envers tous les hommes. En Jésus, il y a aussi le mouvement en réponse qui part de toute l’humanité et qui va vers le Père, en passant par Sa réponse humaine. En ce sens, Jésus est vraiment le chemin, la vérité et la vie (Jn 14, 6): Jésus, en étant le Chemin de l’humanité vers Dieu, répond en Vérité par Sa Passion à l’amour du Père pour tous les hommes afin « que tous aient la Vie, la Vie en abondance » (Jn 10,10).

Depuis sa naissance jusqu’à sa mort sur la Croix, sa Résurrection et son Ascension, toute la vie du Christ est imprégnée de ce double élan de nous faire connaître le Père « Si vous me connaissez, vous connaissez aussi mon Père… Celui qui me voit, voit aussi le Père » (Jn 14, 7-9) et de nous conduire à Lui « Je m’en vais vous préparer une place (…) Personne ne va au Père sans passer par moi » (Jn 14, 2.6).

Jésus est à la fois la manifestation terrestre visible du salut, de l’amitié que Dieu propose aux hommes, et le seul médiateur entre les hommes et Dieu. « Cette génération demande un signe, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas. (…) Il y a ici bien plus que Jonas. » (Lc 11, 29) Par le Fils dans l’Esprit, c’est la volonté d’amour du Père qui est rendue présente et effectivement réalisée.

C’est ainsi que l’on peut dire que Jésus-Christ est le sacrement de Dieu par excellence. Il est le premier sacrement, au sens où c’est en lui que se fonde toute sacramentalité. Et Noël célèbre cet avènement inouï ! C’est Dieu qui, en Jésus, nous fait la grâce d’être lui-même « le signe et le moyen » de l’union intime de tout homme avec Lui et de l’unité du genre humain en une communauté de frères.

Mais, l'incarnation n'est pas seulement un événement ponctuel à situer dans le passé. Elle continue aujourd’hui. Car, par l’Esprit Saint, la présence active du Christ glorifié se rend visible et palpable parmi nous dans l’Église. C’est ainsi que l’Église achève pour les hommes de ce temps la mission du Christ, « venu pour que tous aient la Vie, la Vie en abondance. » (Jn 10, 10)

Guidée par l’Esprit, l’Église est sacrement du Christ : elle a pour fin de nous montrer le Christ, de nous mener à Lui, de nous communiquer Sa grâce. Voilà la nature profonde de l’Église : Corps du Christ, elle a pour mission d’être signe efficace du Christ dans le monde d’aujourd’hui. Elle est sans beauté, si elle ne reflète pas l’unique beauté du Visage de Jésus-Christ (St Ambroise) et si elle n’est pas l’Arbre dont la racine est la Passion de Jésus-Christ (St Augustin)[1]. Ainsi, la sacramentalité de l’Église s'exprime-t-elle dans le service du plus pauvre, dans le partage de la Parole de Dieu, et dans la communion et la liturgie (au sommet de laquelle se trouve l'Eucharistie qui nourrit l’Église).

« Ce qu’elle est pour nous, il faut aussi qu’elle le soit par nous. Il faut que par nous Jésus-Christ continue d’être annoncé, qu’à travers nous Il continue de transparaître. »[2] C’est le sens profond de notre mission de baptisés. Si le baptême est un sacrement, ce n’est pas seulement au moment (très ponctuel) du baptême ; mais tout au long de notre vie, nous vivons de notre baptême, et nous sommes appelés à être, en Église, signe et moyen du Christ pour tous ceux qui nous sont confiés. En tant que membres de l’Église, nous sommes aussi sacrements du Christ.

Que pouvons-nous donc retenir pour notre synode ? Entre autres, que la sacramentalité est toujours le résultat d’une initiative gratuite du Père par le Fils et dans l’Esprit. Et puisque le Christ est le premier des sacrements, c’est toujours vers Lui que nous nous tournons pour comprendre et accueillir la sacramentalité de l’Église et de chaque baptisé. De même, dans les sept sacrements, tout vient du Christ en vue de notre salut et pour nous donner les grâces nécessaires à porter notre mission de baptisés.

C’est dans cette perspective de sacramentalité de l’Église que notre Évêque souhaite vivifier notre Église diocésaine. Le synode diocésain est convoqué pour pouvoir ensemble prier, réfléchir et discerner à ce sujet.

  1. Aujourd’hui, notre Église diocésaine est-elle suffisamment signe et moyen du Christ pour les hommes de notre? Et pour ce faire, sommes-nous assez « branchés » sur la Vie même du Christ, qui se donne dans la liturgie, en particulier la liturgie eucharistique ?
  2. Dans le quotidien de nos unités pastorales ou des pastorales non-territoriales (pastorale de la famille, des malades, des prisons, …), sommes-nous réellement sacrements du Christ, pour que « tous aient la Vie, la Vie en» ? En quels lieux, la nature et la mission de l’Église sont-elles pleinement manifestées ?
  3. Pour porter, rappeler et réaliser de manière spécifique et indispensable la sacramentalité de l’Église, certains sont appelés à devenir prêtres, diacres, religieux ou religieuses. Osons-nous suffisamment relayer cet appel et accompagner dans la joie et la reconnaissance tous ceux qui l’?
  4. La vie de toute famille est sacrement de l’Amour. Par le mariage, les époux choisissent de devenir sacrements du Christ, l’un pour l’autre et pour tous ceux qui leur seront confiés (notamment leurs enfants). Comment pouvons-nous aider les familles, dans leur diversité, à porter cettede manifester et réaliser en toutes circonstances l’Amour divin ?

Pour aller plus loin dans cette réflexion, vous pourrez trouver sur le site web du synode, dans la rubrique « se préparer », un dossier de référence. Ce dossier, proposé par le comité de pilotage, est composé des contributions de plusieurs auteurs, sur la nature d’un synode et sur les thématiques proposées par notre Évêque. En particulier, la première fiche, rédigée par André Minet, déploie la compréhension de la sacramentalité de l’Église.

 

« Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant. Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. » (Mt 2, 9-10) En nous mettant à l’écoute de l’Esprit, nous entendrons ce que Dieu demande à Son Église en Hainaut, afin que tous puissent goûter cette très grande joie et entrer ensemble dans la pleine amitié de Dieu.

 


[1] H. de Lubac, méditation sur l’Église, 1954, pp.176 et 189

[2] ibidem, p. 190